Vivre avec un diabète de type 2 au quotidien
Fiche 3 sur 4 — la fiche pratique : l’assiette, l’activité, les traitements, les examens de suivi, et l’hypoglycémie.
Les deux piliers : le mode de vie et, si besoin, les médicaments
Le traitement du diabète de type 2 commence toujours par le mode de vie : l’alimentation et l’activité physique font baisser la glycémie aussi sûrement qu’un médicament. Quand cela ne suffit pas, des médicaments s’y ajoutent — en général des comprimés pour commencer, parfois des injections plus tard. Ils se complètent, ils ne se remplacent pas.
Deux choses à savoir : le diabète est reconnu comme affection de longue durée — les soins qui s’y rapportent sont pris en charge à 100 % —, et l’Assurance Maladie propose un accompagnement gratuit, sophia, avec des conseils et un suivi par des infirmiers. Parlez-en en consultation.
Un point essentiel : ne modifiez et n’arrêtez jamais un traitement de vous-même, même si vous vous sentez bien — justement parce que le diabète ne se sent pas. Les chiffres, eux, remontent en silence.
L’assiette : pas d’interdits, un équilibre
- Aucun aliment n’est interdit : c’est la régularité et les quantités qui comptent. Des repas à heures régulières, sans sauter de repas, aident à garder une glycémie stable.
- Les boissons sucrées restent l’ennemi numéro un — à garder pour corriger une hypoglycémie, justement.
- Faites une place aux légumes à chaque repas, aux féculents complets, aux légumes secs ; le sucré se garde pour la fin du repas plutôt qu’entre les repas.
- L’alcool se limite, et jamais à jeun : il peut provoquer des hypoglycémies avec certains traitements.
- Un rendez-vous avec un ou une diététicienne aide beaucoup à adapter tout cela à vos goûts et à vos habitudes.
Bouger, c’est aussi un traitement
L’activité physique fait baisser la glycémie pendant l’effort et pendant les heures qui suivent. L’objectif reste trente minutes, cinq jours par semaine, à adapter à votre condition : marche rapide, vélo, natation, jardinage. L’important est la régularité, pas la performance. En cas de maladie du cœur ou de traitement qui peut donner des hypoglycémies, demandez conseil avant de reprendre un sport soutenu.
Le suivi qui protège : les rendez-vous à ne pas manquer
- Consultation de suivi : au moins tous les trois mois.
- HbA1c — l’« hémoglobine glyquée », le reflet de votre glycémie moyenne des trois derniers mois : une prise de sang au moins deux fois par an. L’objectif est à définir avec votre médecin, souvent autour de 7 %.
- Bilan des reins (prise de sang et urines) : une fois par an.
- Bilan du cholestérol : régulièrement, sur prescription.
- Fond d’œil chez l’ophtalmologiste : au rythme fixé selon votre situation — n’attendez pas une baisse de la vue.
- Bilan des pieds : une fois par an, par le médecin ou le pédicure-podologue.
- Dentiste : une visite par an — le diabète fragilise les gencives.
Ces rendez-vous existent parce que les complications du diabète se soignent d’autant mieux qu’on les repère tôt, avant tout symptôme. C’est l’objet de la fiche suivante.
L’hypoglycémie : la connaître si votre traitement peut en donner
Certains traitements — pas tous — peuvent faire descendre le sucre trop bas. Les signes : sueurs, tremblements, faim brutale, pâleur, cœur rapide, vue trouble, irritabilité ou confusion.
Que faire en cas d’hypoglycémie ?
Arrêtez ce que vous faites, asseyez-vous, et prenez l’équivalent de quinze grammes de sucre : trois morceaux de sucre, un verre de jus de fruits, ou un demi-verre de soda ordinaire. Reposez-vous quinze minutes ; si vous avez un lecteur de glycémie, recontrôlez — et resucrez-vous de nouveau si elle n’est pas remontée.
Si les hypoglycémies se répètent, parlez-en : le traitement s’ajuste. N’arrêtez pas vos médicaments de vous-même.
Vos pieds, chaque jour, si votre médecin vous a dit qu’ils sont à risque : un coup d’œil (dessus, dessous, entre les orteils), des chaussures confortables, jamais pieds nus dehors. Une petite plaie qui ne guérit pas n’attend pas la prochaine consultation : montrez-la vite.
Ce qu’il faut retenir
- Mode de vie et médicaments se complètent : on ne modifie jamais un traitement seul.
- Pas d’aliment interdit : des repas réguliers, moins de boissons sucrées, plus de légumes — et bouger trente minutes, cinq jours par semaine.
- Le suivi protège : HbA1c au moins deux fois par an, reins une fois par an, yeux, pieds et dents régulièrement.
- Hypoglycémie : quinze grammes de sucre — trois morceaux —, repos quinze minutes, recontrôle.
- Le diabète est pris en charge à 100 % au titre de l’affection de longue durée.
Fiche suivante : sans contrôle, ce qu’on risque →
Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Suivi d’une personne diabétique : les fondamentaux
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Diabète : les analyses de sang et d’urines
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Hypoglycémie, hyperglycémie et acidocétose
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Prise en charge non médicamenteuse du diabète de type 2