Le traitement de fond : viser un chiffre, et s’y tenir
Fiche 3 sur 4 : la goutte ne se joue pas pendant les crises, mais entre les crises. L’objectif est simple et mesurable.
Pourquoi un traitement de fond ?
Traiter les crises soulage, mais ne change rien au problème de départ : l’excès d’acide urique. Tant qu’il reste trop haut, les cristaux continuent de se déposer, en silence, entre les crises. Sans traitement de fond, les crises se rapprochent, touchent de nouvelles articulations, et chez 30 % des personnes non traitées, des dépôts durs et visibles appelés tophus apparaissent dans les 5 ans (sous la peau, sur les doigts, les coudes, les oreilles). À la longue, les articulations s’abîment et les reins peuvent souffrir.
Heureusement, tout cela est évitable, et même réversible. Quand l’acide urique redescend assez bas, les cristaux déjà déposés se dissolvent peu à peu, et les crises finissent par disparaître.
L’objectif : moins de 60 mg par litre
- < 60 mg/Ll’objectif d’acide urique (360 µmol/L)
- 30 %de tophus en 5 ans sans traitement
- 6 moisde couverture anti-crise au démarrage
- 1 à 2contrôles de l’uricémie par an
Le traitement de fond (l’allopurinol est le plus courant) fait baisser la fabrication d’acide urique. Il se commence à distance d’une crise, à petite dose, puis la dose est augmentée progressivement jusqu’à atteindre l’objectif : une uricémie en dessous de 60 mg par litre (soit 360 micromoles par litre), et si possible plus bas encore, notamment quand il existe des tophus. C’est un objectif chiffré, vérifiable sur une simple prise de sang, contrôlée 1 à 2 fois par an.
Le début peut dérouter : c’est prévu
Paradoxe classique : dans les premiers mois du traitement de fond, des crises peuvent encore survenir, parfois plus qu’avant. Ce n’est pas un échec : c’est le signe que les cristaux se dissolvent et se remettent en mouvement. Pour passer ce cap, le médecin prescrit une couverture anti-crise pendant les 6 premiers mois (souvent de la colchicine à petite dose). Beaucoup de personnes arrêtent leur traitement à ce moment-là en croyant qu’il ne marche pas : c’est exactement l’erreur à éviter.
Un traitement qu’on garde
- Le traitement de fond est un traitement à vie : il se prend tous les jours, sans interruption, y compris pendant les crises.
- L’arrêter fait remonter l’acide urique en quelques semaines : les crises reviennent, et tout est à recommencer.
- Si vous supportez mal un médicament, il existe des alternatives : parlez-en, ne l’arrêtez pas de vous-même.
- Signalez votre goutte à tout nouveau médecin ou pharmacien : certains traitements interagissent.
Ce qu’il faut retenir
- Le traitement de fond s’attaque à la cause : l’excès d’acide urique.
- Objectif chiffré : moins de 60 mg par litre, vérifié par prise de sang 1 à 2 fois par an.
- Des crises au début du traitement sont normales et attendues : une couverture anti-crise est prévue pendant 6 mois.
- C’est un traitement à vie, pris tous les jours, qu’on n’interrompt jamais sans son médecin.
- Bien traitée, la goutte peut ne plus jamais faire parler d’elle.
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Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.