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Prendre sa tension chez soi : l’automesure

Fiche 3 sur 4 — la méthode, le matériel, les erreurs à éviter, et un tableau à imprimer.

Pourquoi mesurer chez soi

La tension prise au cabinet donne une photographie : un chiffre, un jour, dans une situation un peu particulière. Chez vous, on obtient un film : plusieurs mesures, dans votre vie ordinaire. C’est beaucoup plus fiable pour décider s’il faut traiter, et pour savoir si un traitement marche.

Cela permet aussi de démasquer deux situations fréquentes :

Enfin, mesurer soi-même change quelque chose d’important : vous voyez de vos yeux ce que donnent vos efforts et votre traitement. C’est souvent ce qui donne envie de continuer.

Choisir son tensiomètre

Le point essentiel : choisissez un appareil à brassard, qui se place sur le bras, au-dessus du coude — pas un modèle de poignet, beaucoup plus sensible à la position et donc moins fiable.

La règle des 3

C’est la méthode recommandée en France, et elle tient en trois nombres identiques : trois, trois, trois.

Cela fait dix-huit mesures. C’est leur moyenne qui compte, jamais la plus haute ni la plus basse.

Les trois mesures d’une série se font à la suite, en laissant une à deux minutes entre chacune, sans se relever.

Les gestes qui donnent un chiffre juste

Une tension mal prise peut se tromper de dix à quinze points, dans un sens comme dans l’autre. Ces quelques précautions changent tout.

Avant

Pendant

Après

Comment lire vos résultats

À la maison, la tension est considérée comme normale quand la moyenne des dix-huit mesures reste sous 13,5 et 8,5 (135/85). Les seuils de l’automesure sont plus bas que ceux du cabinet, parce qu’on est plus détendu chez soi.

Trois idées à garder en tête. D’abord, la tension varie sans arrêt : elle change avec l’heure, l’effort, une contrariété, une nuit courte. Des écarts d’un chiffre à l’autre sont normaux. Ensuite, une seule mesure élevée ne veut rien dire : ne refaites pas la mesure dix fois de suite pour « voir si ça descend », cela ne fait que monter l’angoisse et les chiffres. Enfin, ce n’est pas à vous d’ajuster le traitement en fonction des résultats : vous apportez les chiffres, votre médecin décide avec vous.

À quel rythme ? Trois jours avant chaque consultation de suivi suffisent largement. Prendre sa tension tous les jours n’apporte rien de plus, sauf demande particulière de votre médecin — par exemple juste après un changement de traitement.

Quand faut-il s’inquiéter ?

Contactez rapidement votre médecin si la moyenne de vos mesures reste au-dessus de 16 sur 10 alors que vous êtes traité, ou si vos chiffres montent nettement sans raison.

Appelez le 15 sans attendre si des chiffres très élevés s’accompagnent de : mal de tête violent et soudain, troubles de la vue, difficulté à parler, faiblesse d’un bras ou d’une jambe, douleur qui serre la poitrine, ou essoufflement brutal.

Le tableau à remplir

Le plus simple est de noter vos mesures sur une feuille et de l’apporter à la consultation. Vous pouvez imprimer cette page : le tableau ci-dessous est prévu pour trois jours.

Relevé d’automesure — 3 jours, 3 mesures matin et soir
JourMatin (avant le petit-déjeuner et les médicaments)Soir (avant le coucher)
1re2e3e1re2e3e
Jour 1  ___/___
Jour 2  ___/___
Jour 3  ___/___

Notez les deux chiffres et le pouls, par exemple « 134 / 82 — 68 ».

Ce qu’il faut retenir

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Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler.

Sources