Retour aux fiches sur l’alimentation

Les idées reçues qui ont la vie dure

Fiche 4 sur 4 : ce qu’on entend partout, et ce qu’en disent vraiment les recommandations.

« Un jus de fruits, c’est comme un fruit »

Non. Un jus, même « 100 % pur jus », apporte beaucoup de sucre et presque pas de fibres : il compte parmi les boissons sucrées, avec le repère de pas plus d’un verre par jour (pressé de préférence). Le fruit entier, lui, se croque, rassasie, et compte dans les 5 par jour.

« Les féculents font grossir »

Non. Pain, pâtes, riz, pommes de terre nourrissent et calent : les recommandations conseillent même un féculent complet par jour. Ce qui pèse, c’est plutôt ce qu’on met autour (sauces, fritures, fromage en excès) et les quantités. Les supprimer conduit souvent à grignoter davantage.

« Le light et les édulcorants, c’est mieux »

Pas vraiment. Les recommandations sont claires : les boissons sucrées ne doivent pas être remplacées par des boissons édulcorées. Le sucre en moins ne fait pas un produit sain, et le goût sucré entretient l’envie de sucré. La vraie alternative, c’est l’eau, éventuellement le thé, le café sans excès ou les infusions non sucrées.

« Les surgelés et les conserves, c’est moins bon pour la santé »

Faux. Des légumes surgelés nature ou en conserve gardent l’essentiel de leur intérêt, comptent dans les 5 par jour, coûtent moins cher et ne se gâchent pas. Ce qui change la donne, ce n’est pas le rayon, c’est le degré de transformation : un légume nature, oui ; un plat cuisiné industriel, avec modération.

« Il faut des compléments alimentaires pour être en forme »

Non, sauf cas particuliers. Une alimentation variée couvre les besoins de la grande majorité des adultes. Certaines situations justifient une supplémentation (par exemple pendant la grossesse, ou la vitamine D chez des personnes à risque), mais c’est une décision à prendre avec votre médecin, pas au rayon promotion. La vitamine D illustre bien le sujet : elle vient à 80 ou 90 % du soleil sur la peau, très peu de l’assiette, et le Haut Conseil de la santé publique déconseille aussi bien le dosage systématique en population générale que l’auto-prescription de compléments. Dites-lui d’ailleurs ce que vous prenez déjà : certains compléments interagissent avec les traitements.

« Contre le cholestérol, tout se joue sur les œufs »

Non, l’essentiel se joue ailleurs. Ce qui fait monter le « mauvais » cholestérol (le LDL), ce sont surtout les graisses saturées : charcuterie, beurre en excès, fromage en grande quantité, viandes grasses, viennoiseries, huiles de palme et de coco. À l’inverse, les huiles de colza, de noix et d’olive, les poissons gras, les fruits à coque et les fibres (avoine, orge, légumes secs, fruits et légumes) aident à le faire baisser. Les aliments riches en cholestérol (œufs, abats) comptent moins qu’on ne l’a longtemps cru, même s’ils se modèrent quand le LDL est élevé. Et pour cause : l’essentiel du cholestérol ne vient pas de l’assiette, c’est le corps qui le fabrique, le foie en tête. L’alimentation aide donc réellement, mais elle n’explique pas tout, et un LDL élevé n’est pas une faute de conduite.

« Sauter un repas fait maigrir »

Rarement. Le repas sauté se paie souvent en grignotage et en repas suivant trop copieux. Si votre poids vous préoccupe, mieux vaut des repas réguliers, des portions écoutées et un accompagnement (médecin, diététicien ou diététicienne) qu’une privation qui ne tient pas.

« Bien manger, c’est trop cher »

Pas forcément. Les aliments parmi les plus recommandés sont aussi parmi les moins chers : légumes secs, œufs, légumes de saison ou surgelés nature, fruits au bon moment. Et l’argent des sodas, biscuits et plats préparés change de camp. La fiche précédente donne les astuces concrètes.

« À mon âge, ça ne vaut plus le coup de changer »

Si. Les bénéfices commencent à tout âge : sur la tension en quelques semaines, sur la forme et le transit très vite. Un point d’attention change après un certain âge : il faut continuer à manger suffisamment, notamment des protéines. Une perte d’appétit ou de poids chez une personne âgée n’est pas normale : parlez-en en consultation.

Le mot de la fin de ce thème : méfiez-vous des discours qui promettent beaucoup en interdisant tout. Les vraies recommandations sont modestes, stables et sans interdits : des végétaux en plus, du fait maison, de l’eau, et du plaisir à table. En cas de doute sur un conseil lu ou entendu, votre médecin et les diététiciens sont là pour démêler le vrai du faux. Et pour passer à la pratique, le site officiel mangerbouger.fr (Santé publique France) regorge de recettes, de menus de la semaine et d’astuces concrètes.

Ce qu’il faut retenir

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Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.

Sources