Comprendre l’asthme
Fiche 1 sur 4 : des bronches inflammées en permanence, qui se rétrécissent par moments. Comprendre ce mécanisme, c’est déjà comprendre tout le traitement.
Des bronches à fleur de peau
Les bronches sont les tuyaux qui conduisent l’air dans les poumons. Dans l’asthme, leur paroi est enflammée en permanence, même les jours où tout va bien. Elle est rouge, gonflée, irritable, comme une peau à vif. Sur ce terrain, un rien peut tout déclencher. Le muscle qui entoure la bronche se contracte, la paroi gonfle encore, du mucus s’accumule. Le tuyau se rétrécit et l’air passe mal : c’est la gêne asthmatique, et au pire, la crise.
Retenez ceci : l’asthme n’est pas une suite de crises sorties de nulle part, c’est une inflammation de fond qui se manifeste par crises. C’est elle que le traitement vise d’abord (voir la fiche 2).
Les signes qui doivent y faire penser
- Une respiration sifflante, surtout à l’expiration.
- Une toux sèche qui traîne, typiquement la nuit ou au petit matin, ou après l’effort et le rire.
- Une sensation d’oppression, de poitrine serrée.
- Un essoufflement inhabituel, par épisodes.
Ce qui caractérise l’asthme, c’est sa variabilité. Les signes vont et viennent, changent d’un jour ou d’une saison à l’autre, et disparaissent souvent complètement entre deux épisodes. Une toux nocturne qui revient peut être le seul signe, chez l’enfant comme chez l’adulte.
Ce qui déclenche les symptômes
- Les infections respiratoires, l’un des déclencheurs les plus fréquents, surtout l’hiver (rhumes, grippe, Covid).
- Les allergènes : acariens, pollens, poils d’animaux, moisissures. Asthme et allergies vont très souvent ensemble.
- Le tabac, fumé ou subi, et les irritants : pollution, pics de chaleur ou d’ozone, produits ménagers, parfums forts, certaines expositions professionnelles.
- L’effort et l’air froid et sec, souvent combinés.
- Les émotions fortes, le rire, le stress.
- Certains médicaments, chez certaines personnes. Signalez votre asthme à chaque prescription et à votre pharmacien, y compris pour un collyre ou un anti-inflammatoire acheté sans ordonnance.
Les chiffres en France
- 6 à 7 %des adultes ont un asthme actuel
- > 10 %des enfants de 10 ans et plus ont déjà eu de l’asthme
- ~60 000hospitalisations par an, aux deux tiers des enfants
- ~900décès par an, pour la plupart évitables
L’asthme touche 6 à 7 % des adultes en France, et c’est la première maladie chronique de l’enfant : plus de 10 % des enfants d’une dizaine d’années ont déjà eu de l’asthme. Chaque année, il provoque encore environ 60 000 hospitalisations, dont les deux tiers chez des enfants, et environ 900 décès. C’est le chiffre à retenir. Avec les traitements actuels, la plupart de ces drames pourraient être évités, grâce à un traitement de fond bien suivi et à une crise prise au sérieux à temps.
Comment on pose le diagnostic
Le médecin s’appuie sur l’histoire de vos symptômes et sur la mesure du souffle. C’est la spirométrie (ou EFR, exploration fonctionnelle respiratoire), qui consiste à souffler fort dans un appareil. Elle montre si les bronches sont rétrécies, et surtout si ce rétrécissement s’améliore après un médicament qui ouvre les bronches (on dit qu’il est réversible) : c’est la signature de l’asthme. Un débitmètre de pointe (un petit tube dans lequel on souffle) peut compléter, à la maison. Un bilan allergologique est souvent utile.
Vous vous reconnaissez dans ces signes ? Toux nocturne qui traîne, sifflements, essoufflement qui va et vient : parlez-en en consultation. Souffler dans un appareil ne fait pas mal, et mettre un nom sur le problème change tout, car l’asthme se traite très bien.
Ce qu’il faut retenir
- L’asthme, c’est une inflammation permanente des bronches, qui se rétrécissent par moments : sifflements, toux nocturne, oppression, essoufflement.
- Les signes vont et viennent : c’est justement la signature de l’asthme.
- 6 à 7 % des adultes sont concernés ; c’est la première maladie chronique de l’enfant.
- Le diagnostic passe par la mesure du souffle, simple et indolore.
- Environ 900 décès par an en France, pour la plupart évitables : tout l’enjeu des fiches suivantes.
Fiche suivante : le traitement, éteindre l’inflammation →
Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.