La crise, et le plan d’action
Fiche 3 sur 4 : la plupart des crises se règlent en quelques minutes. Le danger, c’est celle qui s’installe : il faut savoir la reconnaître, et savoir d’avance quoi faire.
Crise ou exacerbation : la différence qui compte
- La crise simple : une gêne sifflante qui cède en quelques minutes après le traitement de secours, et la respiration redevient normale.
- L’exacerbation : la gêne dure des heures ou des jours, revient sans cesse malgré les prises répétées de secours, réveille la nuit, limite les activités. Elle peut s’aggraver vite. C’est elle qui conduit à l’hôpital, et c’est elle qu’il faut traiter tôt, sans attendre « que ça passe ».
Parmi les déclencheurs classiques d’une exacerbation : une infection respiratoire, un contact massif avec un allergène, le tabac, et l’arrêt du traitement de fond.
Le plan d’action : votre mode d’emploi écrit, à l’avance
Le plan d’action personnalisé est un document écrit, rédigé avec votre médecin, votre pneumologue ou votre allergologue. Il décrit, pour vous :
- vos signes de début de crise et d’aggravation (et, si vous utilisez un débitmètre, vos valeurs de souffle repères) ;
- quel médicament prendre, à quelle dose, et comment répéter selon l’évolution ;
- le cas échéant, la cure courte de cortisone en comprimés prescrite d’avance pour les exacerbations fortes ;
- et à partir de quels signes appeler les urgences.
Si vous n’en avez pas, demandez-le à votre prochaine consultation : c’est l’outil qui permet d’agir à temps. Pour préparer ce rendez-vous, vous pouvez imprimer un modèle de plan d’action et le remplir avec votre médecin. Gardez-le avec votre inhalateur de secours, et montrez-le à vos proches : en pleine crise, ce sont souvent eux qui s’en serviront.
Pendant une crise
- Arrêtez-vous, asseyez-vous (plutôt que vous allonger), desserrez ce qui gêne, et prenez votre traitement de secours comme votre plan l’indique.
- Respirez le plus calmement possible : la panique resserre encore la poitrine. Le médicament agit en quelques minutes.
- Si la gêne revient ou ne cède pas, répétez le secours selon votre plan et faites-vous accompagner : on ne gère pas une exacerbation seul dans son coin.
- Ayez toujours votre inhalateur de secours sur vous, pas dans un tiroir à la maison.
Appelez le 15 (ou le 112) immédiatement si :
- la difficulté à respirer est majeure : respiration rapide et courte, creusement entre les côtes ou au-dessus des clavicules ;
- parler ou marcher devient difficile (impossible de finir une phrase) ;
- les lèvres ou les ongles bleuissent ;
- le traitement de secours ne fait plus d’effet, ou l’effet ne dure pas ;
- la personne devient confuse, épuisée ou somnolente.
En attendant les secours : rester assis, continuer le traitement de secours comme indiqué sur le plan d’action, ne pas laisser la personne seule. Ces crises graves (l’asthme aigu grave) sont rares, mais elles tuent encore. On n’appelle jamais le 15 « pour rien » dans cette situation.
Après la crise : le rendez-vous qui change la suite
Après toute exacerbation, et surtout après un passage aux urgences, prenez rendez-vous avec votre médecin, même si tout est rentré dans l’ordre. Une exacerbation veut souvent dire que le traitement de fond est à revoir, que la technique d’inhalation mérite une vérification, ou qu’un déclencheur est à repérer. C’est ainsi qu’on évite la crise suivante.
Ce qu’il faut retenir
- Une crise qui cède en quelques minutes est banale ; une gêne qui dure ou revient malgré le secours est une exacerbation, à traiter tôt.
- Le plan d’action écrit, établi d’avance avec votre médecin, dit quoi prendre, comment répéter, et quand appeler : demandez-le.
- Difficulté à parler, lèvres bleues, secours inefficace, épuisement : le 15, immédiatement.
- L’inhalateur de secours se garde sur soi, et toute exacerbation se termine par une consultation.
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Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.