Comprendre le cholestérol
Fiche 1 sur 4 : le cholestérol est indispensable au corps. C’est son excès dans le sang qui encrasse les artères, sans faire aucun bruit.
Une graisse utile au corps
Le cholestérol n’est pas un ennemi. Le corps s’en sert pour fabriquer ses cellules, certaines hormones, la bile qui aide à digérer, et la vitamine D. Il est surtout fabriqué par le foie, et une partie vient de l’alimentation.
Pour circuler dans le sang, le cholestérol est porté par des transporteurs, dont les deux principaux portent des noms de code : le LDL et le HDL. On mesure aussi les triglycérides, une autre graisse du sang, qui sert de réserve d’énergie et que le sucre et l’alcool font monter.
Le « mauvais » et le « bon » cholestérol
- Le LDL, le « mauvais » cholestérol : quand il est en excès, il se dépose sur la paroi des artères. Ces dépôts forment peu à peu des plaques (l’athérome) qui épaississent la paroi et gênent la circulation du sang.
- Le HDL, le « bon » cholestérol : il ramasse le cholestérol en trop et le ramène au foie, qui l’élimine. Il protège plutôt les artères.
Pourquoi s’en occuper : les artères
Les plaques grossissent lentement, pendant des années. Le jour où une artère se bouche, c’est l’accident : un infarctus quand c’est une artère du cœur, un accident vasculaire cérébral quand c’est une artère du cerveau, une artérite quand ce sont les artères des jambes.
Le risque s’additionne avec les autres facteurs : le tabac, la tension artérielle, le diabète, le surpoids, surtout au niveau du ventre, et le manque d’activité physique. C’est pourquoi le médecin regarde toujours le cholestérol avec le reste.
- 1 sur 5des adultes en France a un mauvais cholestérol trop élevé
- 1 sur 2des personnes concernées seulement le sait
- 0symptôme : seule une prise de sang le montre
- 6 %des adultes ont un taux très élevé
En France, d’après l’étude Esteban de Santé publique France, près d’un adulte sur cinq a un mauvais cholestérol au-dessus de 1,6 gramme par litre, et 6 % au-dessus de 1,9. Et parmi les personnes concernées, à peine une sur deux le savait : un excès de cholestérol ne donne aucun signe. Seules certaines formes familiales peuvent laisser des petits dépôts jaunâtres, autour de l’œil ou sur les tendons.
D’où vient l’excès ?
- Le plus souvent, d’un mélange : une prédisposition familiale, à laquelle s’ajoutent le manque d’activité physique, le surpoids et une alimentation déséquilibrée.
- Parfois d’une maladie : une thyroïde qui fonctionne au ralenti, une maladie du foie ou des reins, le diabète de type 2 ou l’obésité. Soigner la maladie aide alors à corriger le cholestérol.
- Parfois d’un médicament : la cortisone, la pilule (les œstrogènes par la bouche), certains traitements de l’acné, du VIH, de la tension ou certains neuroleptiques. Ne les arrêtez pas : parlez-en à votre médecin, qui peut adapter.
- Parfois d’une forme héréditaire, l’hypercholestérolémie familiale (voir ci-dessous).
Une forme héréditaire à ne pas manquer : l’hypercholestérolémie familiale
Dans cette forme, transmise par les gènes, le mauvais cholestérol est très élevé dès l’enfance, quel que soit le mode de vie. Les artères s’encrassent donc beaucoup plus tôt, et le risque de maladie du cœur arrive à un âge jeune. En France, plus de 500 000 personnes seraient concernées, et plus de 9 sur 10 ne le savent pas.
On y pense devant un mauvais cholestérol très élevé, un infarctus ou un AVC précoce dans la famille proche (avant 55 ans chez un homme, avant 65 ans chez une femme), ou des dépôts jaunâtres sur les tendons. Un parent atteint a une chance sur deux de la transmettre à chacun de ses enfants : quand le diagnostic est posé, toute la famille proche se fait dépister, enfants compris. Chez l’enfant atteint, une statine est en général commencée à partir de 8 ans si l’alimentation ne suffit pas, et plus tôt quand le cholestérol est extrêmement élevé.
Ce qu’il faut retenir
- Le cholestérol est utile au corps ; c’est le LDL en excès, le « mauvais », qui se dépose dans les artères.
- Les plaques grossissent sans bruit pendant des années, jusqu’à l’infarctus, l’AVC ou l’artérite.
- Près d’un adulte sur cinq est concerné en France, et la moitié ne le sait pas : seule une prise de sang le montre.
- L’hypercholestérolémie familiale, héréditaire, élève le cholestérol dès l’enfance : plus de 9 personnes sur 10 l’ignorent, et la famille proche doit être dépistée.
- Tabac, tension, diabète et surpoids s’ajoutent au cholestérol : on les traite ensemble.
Fiche suivante : le bilan sanguin →
Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.
Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr), Anomalies du cholestérol et des triglycérides : causes et conséquences
- Assurance Maladie (ameli.fr), Cholestérol et triglycérides élevés : diagnostic et surveillance (janvier 2026)
- Haute Autorité de santé, Dépistage de l’hypercholestérolémie familiale chez l’enfant, note de cadrage (mars 2026)
- Haute Autorité de santé, hypercholestérolémie familiale de l’enfant : place des statines (2022)
- Santé publique France, Cholestérol LDL chez les adultes en France métropolitaine, étude Esteban (Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2018)