Le diabète de type 2, c’est quoi ? Le sucre, l’insuline et les chiffres
Fiche 1 sur 4 — pour comprendre en quelques minutes ce qui se passe dans le corps, et pourquoi on peut être diabétique sans le sentir.
Le sucre et l’insuline, en deux mots
Le sucre est le carburant du corps : il circule dans le sang et nourrit les muscles, le cerveau, tous les organes. Pour entrer dans les cellules, il a besoin d’une clé : l’insuline, une hormone fabriquée par le pancréas.
Dans le diabète de type 2, cette clé fonctionne de moins en moins bien : les cellules résistent à l’insuline. Le pancréas compense en en fabriquant davantage, pendant des années, puis il s’épuise. Le sucre reste alors en excès dans le sang : c’est l’hyperglycémie. Prolongée, elle abîme lentement les vaisseaux et les nerfs.
Il ne faut pas le confondre avec le diabète de type 1, une maladie différente qui commence le plus souvent dans l’enfance, où le pancréas ne fabrique plus d’insuline du tout. Environ neuf diabètes sur dix sont de type 2.
Les chiffres en France
- 4 millionsde personnes environ traitées pour un diabète
- 9 sur 10des diabètes sont de type 2
- 1 sur 18environ : la part de la population traitée (5,6 %)
- 1,26 g/Lle seuil de glycémie qui définit le diabète
Environ quatre millions de personnes suivent un traitement pour un diabète en France — à peu près une personne sur dix-huit — et ce nombre augmente d’année en année. Beaucoup d’autres vivent avec un diabète ou un prédiabète sans le savoir, car la maladie ne fait pas mal.
Pourquoi on ne sent rien
Comme la tension, le sucre en excès ne se ressent pas. Le diabète de type 2 s’installe sur des années, en silence. Quand des signes apparaissent — soif intense, envie d’uriner très fréquente, fatigue, amaigrissement inexpliqué — c’est que la glycémie est déjà très élevée, souvent depuis longtemps.
Conséquence pratique : on ne peut pas se fier à ses sensations. Le seul moyen de savoir, c’est une prise de sang. C’est l’objet de la fiche suivante.
Ce qui augmente le risque
Certains facteurs ne se changent pas :
- L’hérédité. Avoir un parent, un frère ou une sœur diabétique augmente nettement le risque.
- L’âge. Le risque monte avec les années, surtout après quarante-cinq ans.
- Un diabète pendant une grossesse, ou un bébé de plus de quatre kilos à la naissance : le risque de diabète de type 2 est plus élevé ensuite.
Et d’autres, sur lesquels on peut agir :
- Le surpoids, surtout la graisse du ventre : c’est elle qui rend les cellules résistantes à l’insuline.
- Le manque d’activité physique. Les muscles qui travaillent consomment du sucre ; l’inactivité fait l’inverse.
- Une alimentation déséquilibrée : boissons sucrées, grignotage, portions trop grandes.
- Le tabac, qui aggrave en plus le risque pour le cœur et les artères.
Comment se pose le diagnostic
Le diagnostic repose sur une prise de sang à jeun — huit heures sans manger. On parle de diabète quand la glycémie à jeun est égale ou supérieure à 1,26 gramme par litre, à deux reprises, à environ un mois d’intervalle.
Entre 1,10 et 1,25 gramme par litre, on parle de prédiabète : ce n’est pas encore un diabète, et à ce stade, on peut encore revenir en arrière.
La bonne nouvelle : à chaque étape, il y a quelque chose à faire. Le prédiabète peut régresser, et un diabète bien suivi laisse vivre presque normalement. Les fiches suivantes expliquent comment.
Ce qu’il faut retenir
- Le diabète de type 2, c’est trop de sucre dans le sang, parce que l’insuline agit de moins en moins bien.
- Il s’installe en silence, sur des années : on peut être diabétique sans rien sentir.
- Près de quatre millions de personnes sont traitées en France, et le nombre augmente.
- Le diagnostic se fait par une prise de sang à jeun : diabète à partir de 1,26 gramme par litre, deux fois.
- Entre 1,10 et 1,25, c’est un prédiabète : il est encore temps d’agir.
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