La crise de goutte : la reconnaître et agir vite
Fiche 2 sur 4 : des signes très reconnaissables, un traitement qui marche d’autant mieux qu’il est pris tôt.
Une douleur qui ne ressemble à aucune autre
La crise de goutte typique commence brutalement, souvent la nuit, au repos. L’articulation la plus touchée est la base du gros orteil : elle devient rouge, chaude, gonflée, et la douleur est si vive que le simple poids du drap devient insupportable. La douleur atteint son maximum en 6 à 12 heures.
D’autres articulations peuvent être touchées, surtout au fil des années : le milieu du pied, la cheville, le genou, plus tard parfois les mains ou les coudes. Sans traitement, une crise dure 1 à 2 semaines avant de s’éteindre d’elle-même. Avec un traitement pris tôt, elle peut céder en quelques heures à quelques jours.
Agir vite : chaque heure compte
- Prenez le traitement de crise dès les premiers signes, selon l’ordonnance de votre médecin. Plus il est pris tôt, mieux il marche. Si vous avez déjà fait des crises, demandez à votre médecin une ordonnance d’avance, pour avoir le traitement dans l’armoire à pharmacie avant la prochaine.
- Le médicament de référence est souvent la colchicine, à petites doses. Attention : si une diarrhée apparaît, signalez-le rapidement à votre médecin ou à votre pharmacien, c’est le premier signal d’un excès de dose. Ne doublez jamais les prises pour aller plus vite.
- Selon les cas, le médecin peut préférer un anti-inflammatoire ou une cortisone en cure courte. Ne prenez pas d’anti-inflammatoire de votre propre initiative si vous avez une maladie des reins, du cœur ou de l’estomac : c’est justement fréquent en cas de goutte.
- Glacez l’articulation : une poche de glace à travers un linge, une quinzaine de minutes, à répéter toutes les 4 heures. C’est simple et cela raccourcit la crise.
- Reposez l’articulation et buvez de l’eau régulièrement.
Si vous avez déjà un traitement de fond (allopurinol ou autre) : on ne l’arrête pas pendant la crise. Il se prend tous les jours, sans interruption, crise ou pas. L’interrompre, c’est relancer la machine à cristaux.
Quand consulter ?
- C’est votre première crise : consultez pour confirmer le diagnostic. D’autres maladies peuvent imiter la goutte, et c’est le moment de faire le point (prise de sang à distance de la crise, bilan des facteurs associés).
- Vous avez de la fièvre, des frissons, ou l’articulation est très inflammatoire : consultez sans attendre. Une infection de l’articulation peut ressembler à une crise de goutte, et c’est une urgence.
- La crise ne cède pas malgré le traitement, ou touche une articulation inhabituelle.
Ce qu’il faut retenir
- Début brutal, souvent la nuit, gros orteil rouge et très douloureux : c’est la crise typique.
- Traitement de crise dès les premiers signes, ordonnance d’avance dans l’armoire à pharmacie.
- Colchicine : la diarrhée est un signal d’alerte, parlez-en vite. Pas d’anti-inflammatoire sans avis.
- Glace à travers un linge toutes les 4 heures, repos, eau. Le traitement de fond, lui, ne s’arrête pas.
- Première crise, fièvre, ou crise qui ne cède pas : on consulte.
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Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.