Se soigner à la maison, et savoir quand consulter
Fiche 2 sur 4 : soulager en attendant la guérison, sans gaspiller d’argent en médicaments inutiles, et reconnaître les vrais signes d’alerte.
Le meilleur traitement du rhume : le lavage de nez
Ce n’est pas une boutade : le meilleur traitement du rhume, c’est le lavage de nez (copyright Dr Corentin Lacroix). Du sérum physiologique ou un spray d’eau de mer, dans chaque narine, plusieurs fois par jour : le nez se débouche, les sécrétions s’évacuent, on respire, on dort mieux, et chez le tout-petit, qui ne sait pas se moucher, c’est encore plus important. Simple, sans danger, pour quelques euros.
Ce qui soulage vraiment
- Contre la fièvre et les douleurs : le paracétamol en priorité, en respectant les doses maximales et l’intervalle entre les prises (chez l’enfant, la dose dépend du poids : vérifiez-la avec votre pharmacien ou votre médecin). Une fièvre bien supportée n’a pas besoin d’être traitée à tout prix : elle fait partie de la défense du corps.
- Boire régulièrement (eau, bouillons, tisanes) surtout en cas de fièvre ou de gastro. Pour la gastro, des solutions de réhydratation existent en pharmacie pour les enfants : c’est le vrai traitement.
- Se reposer. Dormir, lever le pied un ou deux jours : c’est du temps de guérison, pas du temps perdu.
- Aérer et humidifier raisonnablement les pièces, dormir la tête un peu surélevée si le nez est pris.
- Contre la gorge qui gratte : boissons chaudes, miel (jamais avant un an), pastilles à sucer chez l’adulte.
Ce qui ne sert à rien, ou peut faire du mal
- Les antibiotiques : aucun effet sur les virus. C’est si important que la fiche suivante y est entièrement consacrée.
- Les anti-inflammatoires (ibuprofène et semblables) ne doivent pas être pris de sa propre initiative en cas d’infection : ils peuvent masquer ou aggraver certaines infections. Le paracétamol d’abord.
- Les médicaments « anti-rhume » tout-en-un et sprays qui débouchent le nez à base de vasoconstricteurs : efficacité modeste, vrais risques (ils sont d’ailleurs déconseillés). Le lavage de nez fait mieux, sans danger.
- Les sirops contre la toux : peu ou pas efficaces, déconseillés chez l’enfant. La toux qui décroît sur deux à trois semaines est une évolution normale.
- La vitamine C et compagnie : rien de démontré pour abréger un rhume.
Quand consulter ? Les signes à connaître
Chez l’adulte
- Un essoufflement au repos, une difficulté à respirer, une douleur dans la poitrine ;
- une fièvre qui revient après une amélioration, ou une fièvre au-dessus de 38,5 °C qui dure plus de trois jours ;
- une fièvre très mal supportée ou supérieure à 40 °C, des crachats purulents ou avec du sang ;
- des symptômes qui s’aggravent au lieu de s’améliorer après quelques jours ;
- et plus vite encore si vous êtes enceinte, âgé, ou porteur d’une maladie chronique (cœur, poumons, diabète, immunité affaiblie).
Chez l’enfant et le nourrisson
- Un nourrisson de moins de trois mois avec de la fièvre (38 °C ou plus) : direction les urgences pédiatriques, sans attendre.
- Une gêne pour respirer : respiration rapide, creusement entre les côtes, pauses, difficulté à finir ses biberons (penser à la bronchiolite) ;
- des signes de déshydratation pendant une gastro : couches sèches, pleurs sans larmes, enfant anormalement mou ou somnolent ;
- un enfant qui ne boit plus, ne joue plus, reste prostré, même sans fièvre élevée.
En cas de détresse (difficulté majeure à respirer, lèvres bleues, enfant inconscient) appelez le 15 immédiatement.
Un doute, sans signe de gravité ? Appelez le cabinet, ou le 116 117 le soir et le week-end : décrire les symptômes au téléphone permet souvent de savoir si une consultation s’impose. Le 15 reste réservé aux urgences vitales.
Ce qu’il faut retenir
- Le meilleur traitement du rhume, c’est le lavage de nez : plusieurs fois par jour, à tout âge.
- Paracétamol en priorité, boire, se reposer : on soulage en attendant une guérison qui vient toute seule.
- Pas d’anti-inflammatoires ni de médicaments « anti-rhume » de sa propre initiative ; les sirops ne servent à peu près à rien.
- Fièvre qui revient ou qui dure plus de trois jours, gêne pour respirer : on consulte. Nourrisson de moins de trois mois avec de la fièvre : urgences pédiatriques.
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Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.