Se protéger des IST : préservatif, vaccins, PrEP
Fiche 2 sur 4 — les moyens qui marchent, ceux qui ne protègent pas, et quoi faire en urgence après un risque.
Le préservatif, la base
C’est le seul moyen qui protège à la fois des IST et d’une grossesse non prévue. Il existe en deux versions : le préservatif externe, qui se déroule sur le pénis, et le préservatif interne, qui se place dans le vagin. Bien utilisé, il protège efficacement lors des rapports vaginaux, anaux et oraux.
Avant 26 ans, c’est gratuit. En pharmacie, sur simple demande, sans ordonnance : certaines marques de préservatifs sont prises en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour les moins de 26 ans. Il suffit de présenter sa carte Vitale. Après 26 ans, ces mêmes marques sont remboursées à 60 % sur ordonnance d’un médecin ou d’une sage-femme.
Pour qu’il protège vraiment :
- un préservatif neuf à chaque rapport, posé avant tout contact ;
- vérifiez la date de péremption et le marquage CE sur l’emballage ;
- avec un préservatif en latex, utilisez uniquement un lubrifiant à base d’eau — jamais de corps gras comme la vaseline ou l’huile, qui le fragilisent ;
- s’il craque ou glisse, ce n’est pas un échec définitif : il existe des solutions d’urgence, décrites plus bas.
Deux vaccins protègent de deux IST
- Le vaccin contre les papillomavirus (HPV) est recommandé pour les filles et les garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans. Fait avant le début de la vie sexuelle, il protège presque à 100 % des types de virus qu’il couvre — ceux qui causent la plupart des cancers liés aux HPV.
- Le vaccin contre l’hépatite B fait partie des vaccins obligatoires des nourrissons. Si vous n’êtes pas vacciné, un rattrapage est possible : parlez-en en consultation.
La PrEP : un médicament pour ne pas attraper le VIH
La PrEP — prophylaxie pré-exposition — est un médicament que l’on prend avant et autour des rapports pour ne pas être contaminé par le VIH. Elle s’adresse aux personnes séronégatives qui sont souvent exposées au virus, par exemple en cas de partenaires multiples avec un usage irrégulier du préservatif.
- Elle est très efficace contre le VIH quand elle est bien prise.
- Elle existe en comprimé quotidien ou selon un schéma autour des rapports, et même en injection tous les deux mois dans certains cas.
- Elle est remboursée à 100 % par l’Assurance Maladie, dès 15 ans.
- Tout médecin peut la prescrire, y compris votre médecin traitant. Elle s’accompagne d’un suivi régulier avec dépistages.
- Attention : elle ne protège que du VIH. Le préservatif reste utile contre les autres IST.
Si vous pensez que la PrEP pourrait vous concerner, parlez-en simplement en consultation : c’est un sujet ordinaire, sans jugement.
Après un risque : le traitement d’urgence contre le VIH
Il existe un traitement d’urgence, mais il faut faire très vite
Après un risque important — préservatif qui craque, rapport non protégé avec une personne dont on ignore le statut — un traitement post-exposition peut empêcher la contamination par le VIH. Il doit être commencé au mieux dans les 4 heures, au plus tard dans les 48 heures.
Rendez-vous aux urgences de l’hôpital, à toute heure, ou dans un CeGIDD — un centre gratuit de dépistage. En cas de doute, appelez Sida Info Service au 0 800 840 800, gratuit, 24 heures sur 24.
Une personne traitée ne transmet plus le VIH
C’est une des grandes avancées de ces vingt dernières années : une personne séropositive qui prend bien son traitement a une quantité de virus indétectable dans le sang, et ne transmet plus le VIH, même sans préservatif. Vivre ou être en couple avec une personne traitée n’expose pas au virus.
Ce qui ne protège pas des IST
- La pilule, le stérilet, l’implant : ils évitent une grossesse, pas les infections.
- Le retrait avant l’éjaculation : les IST se transmettent aussi avant, et par simple contact.
- La toilette avant ou après le rapport : elle ne lave pas une infection.
- L’apparence ou la confiance : on peut être infecté sans le savoir, et donc transmettre de bonne foi.
En couple, avant d’arrêter le préservatif : faites un dépistage tous les deux. C’est simple, souvent gratuit, et cela permet d’arrêter le préservatif l’esprit tranquille — avec une autre contraception si besoin. La fiche suivante explique comment.
Ce qu’il faut retenir
- Le préservatif protège des IST et d’une grossesse. Avant 26 ans, il est gratuit en pharmacie, sans ordonnance.
- Deux vaccins protègent de deux IST : papillomavirus — filles et garçons de 11 à 14 ans, rattrapage jusqu’à 26 ans — et hépatite B.
- La PrEP protège du VIH les personnes très exposées. Remboursée à 100 %, prescrite par tout médecin.
- Après un risque important : traitement d’urgence, au mieux dans les 4 heures, au plus tard dans les 48 heures — urgences ou CeGIDD.
- Pilule, retrait et toilette ne protègent d’aucune IST.
Fiche suivante : se faire dépister — où, quand, comment →
Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Prévenir la transmission du VIH
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Préservatifs et contraceptifs barrières
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Amour et sexualité des moins de 26 ans
- Vaccination Info Service (Santé publique France) — Infections à papillomavirus humains
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Prévenir le cancer du col de l’utérus