Comprendre l’intolérance au lactose
Fiche 1 sur 4 : ce n’est ni une maladie, ni une allergie. Simplement un sucre du lait que l’intestin digère moins bien en grandissant, et cela se gère très bien.
Le lactose, le sucre du lait
Le lactose est le principal sucre du lait. On ne le trouve que dans le lait et dans ce qui en est fait : yaourts, fromages, crème, beurre… Le lait de chèvre et le lait de brebis en contiennent autant que le lait de vache.
Pour être digéré, le lactose a besoin d’une enzyme fabriquée par l’intestin : la lactase. Elle le coupe en deux sucres plus simples, que l’intestin absorbe sans difficulté. Quand la lactase manque, une partie du lactose n’est pas digérée. Elle descend jusqu’au gros intestin, où les bactéries de la flore la font fermenter. Cela produit des gaz, attire de l’eau dans l’intestin, et accélère le transit.
Ni une maladie, ni une allergie
À la naissance, la lactase est à son maximum : le bébé est fait pour digérer le lait. Puis, après l’âge de 2 à 3 ans, elle diminue chez deux personnes sur trois, pour se stabiliser vers 5 à 10 ans. Cette baisse est inscrite dans nos gènes : c’est le cas le plus fréquent chez l’être humain, pas une maladie. Elle ne vient pas du fait d’avoir arrêté le lait, et en boire davantage n’y change rien. Le dernier tiers garde une lactase active toute sa vie.
En France, 30 à 50 % des adultes digèrent incomplètement le lactose. Mais la plupart gardent assez de lactase pour qu’une consommation raisonnable de produits laitiers ne donne aucun trouble. On parle d’intolérance quand la quantité de lactose dépasse ce que l’intestin sait digérer, et que cela gêne. C’est une question de dose, propre à chacun.
- 30 à 50 %des adultes en France digèrent incomplètement le lactose
- 2 sur 3voient leur lactase baisser après l’enfance
- 30 min à 2 hentre le repas et les troubles
- 0complication grave : c’est gênant, pas dangereux
Intolérance n’est pas allergie. L’allergie aux protéines du lait de vache est une réaction du système immunitaire, qui touche surtout le nourrisson et le jeune enfant : elle peut atteindre le ventre (douleurs, vomissements, diarrhée), mais aussi la respiration (nez bouché, toux) et la peau (urticaire, eczéma). L’allergie au lactose, elle, n’existe pas. L’intolérance au lactose donne un inconfort digestif, parfois très désagréable, mais sans risque de complication.
Les signes
Les troubles apparaissent le plus souvent entre 30 minutes et 2 heures après avoir mangé ou bu du lactose :
- des gaz et des gargouillis ;
- une sensation de ventre gonflé (le ballonnement) ;
- des crampes et des douleurs du ventre ;
- une diarrhée.
Leur force dépend de deux choses : la lactase qu’il vous reste, et la quantité de lactose avalée. Ils sont plus marqués avec un produit liquide bu rapidement, comme un grand verre de lait, qu’avec un yaourt ou un plat cuisiné.
Quand l’intestin a été abîmé
L’intolérance peut aussi venir d’une maladie de l’intestin, qui lui fait perdre sa lactase. Chez l’enfant, c’est fréquent après une gastro-entérite ou une giardiase (un parasite de l’intestin) : elle dure quelques semaines, le temps que la paroi de l’intestin guérisse, puis tout rentre dans l’ordre. Elle peut durer plus longtemps quand la maladie de l’intestin est chronique (maladie cœliaque, maladie de Crohn), après une chirurgie de l’intestin ou une radiothérapie du ventre : c’est alors cette maladie qu’on soigne.
Chez le nourrisson, le vrai manque de lactase est exceptionnel : c’est une maladie rare, présente dès la naissance. Si vous pensez que votre enfant digère mal le lait, n’attendez pas : montrez-le à votre médecin.
Ce qu’il faut retenir
- Le lactose est le sucre du lait ; la lactase, l’enzyme qui le digère, diminue après l’enfance chez deux personnes sur trois.
- Ce n’est ni une maladie ni une allergie : 30 à 50 % des adultes en France digèrent incomplètement le lactose, et la plupart tolèrent une consommation raisonnable.
- Gaz, ventre gonflé, douleurs, diarrhée, 30 minutes à 2 heures après : c’est gênant, mais sans danger.
- Chez l’enfant, l’intolérance est souvent passagère, après une gastro ; chez le nourrisson, on consulte sans attendre.
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Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.