Bien préparer sa consultation
Fiche 2 sur 4 — dix minutes de préparation valent mieux qu’une consultation ratée.
Pourquoi préparer ?
Une consultation dure entre quinze et vingt minutes. C’est court. Beaucoup de gens repartent en se disant « j’ai oublié de lui demander », ou en ayant compris à moitié ce qu’il fallait faire. Ce n’est pas une question d’intelligence : c’est qu’on est inquiet, qu’on parle vite, et qu’on n’ose pas toujours redemander.
Quelques minutes de préparation changent complètement le rendez-vous. Voici ce qui aide le plus.
Avant : ce qu’on emporte
- Votre carte Vitale — ou l’application carte Vitale sur votre téléphone — et votre carte de mutuelle.
- La liste de tout ce que vous prenez. C’est le point le plus important. Le plus simple est d’apporter les boîtes, ou de photographier l’ordonnance. N’oubliez pas ce que vous prenez sans ordonnance : anti-inflammatoires, sirops, compléments alimentaires, plantes, tisanes, vitamines. Ce sont de vrais médicaments, avec de vraies interactions.
- Vos derniers résultats : prise de sang, radiographie, compte rendu d’hospitalisation, courrier d’un spécialiste. S’ils sont dans votre espace santé en ligne, dites-le, le médecin peut les y consulter.
- Pour un enfant, le carnet de santé.
- Si vous surveillez quelque chose chez vous — tension, glycémie, poids —, apportez vos relevés.
Avant : ce qu’on note
Prenez un papier, ou l’application de notes de votre téléphone, et écrivez trois choses.
1. Le motif principal, en une phrase
Celui qui vous a fait prendre rendez-vous. Vous le direz dès le début.
2. L’histoire de ce qui vous arrive
Quand cela a commencé, comment cela évolue, ce qui aggrave, ce qui soulage, ce que vous avez déjà essayé. Une date approximative vaut mieux que « ça fait un moment ».
3. Vos questions, par ordre d’importance
Écrivez-les toutes, puis mettez une étoile devant les deux ou trois qui comptent le plus. S’il n’y a pas le temps pour toutes, au moins les principales auront été posées.
Trois questions marchent presque toujours, quel que soit le problème :
- Qu’est-ce que j’ai ?
- Qu’est-ce que je dois faire ?
- Pourquoi est-ce important que je le fasse ?
Pendant : dire l’essentiel d’abord
Commencez par ce qui vous inquiète le plus, même si cela vous gêne. L’erreur la plus fréquente est de garder le vrai motif pour la fin, la main sur la poignée de la porte : c’est le moment où il ne reste plus de temps pour l’examiner correctement.
Quelques principes simples :
- Dites ce que vous prenez vraiment. Si vous avez arrêté un traitement, sauté des prises, ou pris celui d’un proche, dites-le. Ce n’est pas un aveu, c’est une information indispensable — beaucoup de gens le font, et le médecin cherchera au mauvais endroit s’il ne le sait pas.
- Dites si vous n’avez pas compris. « Pouvez-vous me réexpliquer autrement ? » est une phrase parfaitement normale. Personne ne comprend un mot médical la première fois.
- Reformulez. Redites avec vos mots ce que vous avez retenu : c’est le moyen le plus sûr de vérifier que vous et le médecin parlez de la même chose.
- Notez pendant la consultation, ou demandez qu’on vous écrive l’essentiel.
- Dites ce que vous craignez. Si une inquiétude précise vous a amené — une maladie dans la famille, quelque chose lu sur internet —, dites-la franchement. C’est souvent la vraie question.
Venir accompagné est une bonne idée quand on est très inquiet, quand on entend mal, ou quand on attend une nouvelle importante : à deux, on retient beaucoup plus. Vous pouvez aussi désigner une personne de confiance, qui pourra vous accompagner et être consultée si un jour vous ne pouvez plus vous exprimer.
Avant de repartir : la vérification
Ne quittez pas le cabinet sans avoir la réponse à ces quatre questions.
- Le traitement : à quoi sert chaque médicament, combien de temps, à quel moment de la journée, et qu’est-ce qui remplace le traitement que j’arrête ?
- Les examens : quoi, où, faut-il être à jeun, prendre rendez-vous, et qui me donnera le résultat ?
- La suite : dois-je revenir, quand, et faut-il prendre le rendez-vous maintenant ?
- L’alerte : quels signes doivent me faire reconsulter sans attendre, ou appeler le 15 ?
Relisez l’ordonnance devant le médecin : c’est le meilleur moment pour repérer un oubli ou un médicament que vous ne supportez pas.
Quelques situations particulières
- Vous entendez mal : dites-le en arrivant, demandez qu’on vous parle en face et plus lentement, et faites écrire les mots importants.
- Vous lisez mal, ou pas le français : venez avec quelqu’un, et demandez un schéma ou un plan écrit simplement. Personne ne vous jugera.
- Vous êtes aidant d’un proche : préparez la liste des traitements et l’historique, et laissez la personne répondre elle-même quand elle le peut.
- Consultation à distance : installez-vous dans un endroit calme et éclairé, avec vos boîtes de médicaments à portée de main, et un téléphone chargé.
Un rendez-vous que vous ne pourrez pas honorer ? Prévenez, même tard, même par message. La place sera donnée à quelqu’un d’autre — et il y a toujours quelqu’un qui attend.
Ce qu’il faut retenir
- Apportez la liste complète de ce que vous prenez, y compris sans ordonnance.
- Écrivez vos questions avant, et posez les plus importantes en premier.
- Dites le vrai motif dès le début, pas sur le pas de la porte.
- Reformulez avec vos mots pour vérifier que vous avez bien compris.
- Avant de partir : le traitement, les examens, la suite, et les signes d’alerte.
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