Se repérer dans le système de soins
Fiche 3 sur 4 — médecin traitant, remboursements, ce qui reste à votre charge.
Le médecin traitant
C’est le médecin que vous avez choisi et déclaré à l’Assurance Maladie. Ce n’est pas une formalité administrative : c’est lui qui vous suit dans la durée, qui connaît vos antécédents, qui coordonne vos soins, qui organise votre prévention — vaccins, dépistages — et qui vous oriente vers un spécialiste quand il le faut.
La déclaration est gratuite : un formulaire signé par vous et par le médecin, ou quelques clics depuis votre compte en ligne sur ameli. Vous pouvez en changer quand vous voulez, sans avoir à vous justifier, et sans prévenir le précédent. Ce peut être un généraliste ou un spécialiste, en cabinet ou à l’hôpital.
Si vous n’avez pas de médecin traitant, dites-le à l’Assurance Maladie : des dispositifs existent pour aider à en trouver un, notamment quand on souffre d’une maladie chronique. Vous n’êtes pas censé rester ainsi.
Le parcours de soins coordonné
Le principe est simple : on passe par son médecin traitant, qui adresse vers un spécialiste quand c’est nécessaire. C’est ce qu’on appelle être « dans le parcours ». En dehors de ce chemin, vous êtes soigné exactement pareil, mais remboursé beaucoup moins.
Un exemple concret, chez un généraliste de secteur 1, où la consultation coûte trente euros. Si vous êtes dans le parcours, l’Assurance Maladie vous rembourse dix-neuf euros. Si vous n’avez pas déclaré de médecin traitant, ou si vous consultez un spécialiste sans passer par lui, elle ne rembourse plus que huit euros quarante. La différence n’est en général pas prise en charge par votre mutuelle.
Les situations où l’on peut consulter directement
Certaines consultations échappent à cette règle. Vous pouvez aller directement voir :
- un gynécologue : contraception, suivi de grossesse, dépistage ;
- un ophtalmologue : lunettes, lentilles, suivi du glaucome ;
- un psychiatre, entre seize et vingt-cinq ans ;
- un stomatologue, pour les soins dentaires.
Sont également remboursées normalement : les urgences, une consultation loin de chez vous — en vacances par exemple —, celle du remplaçant de votre médecin, et toutes les consultations des enfants de moins de seize ans, pour qui la déclaration n’est pas obligatoire, même si elle reste utile.
Ce qui reste à votre charge
Trois choses différentes se cumulent, et on les confond souvent.
Le ticket modérateur
C’est la part que l’Assurance Maladie ne rembourse pas — en général trente pour cent du tarif. C’est cette part que votre mutuelle prend habituellement en charge.
La participation forfaitaire
Deux euros sont retenus sur chaque consultation ou acte de médecin, ainsi que sur les radiographies et les analyses de biologie. Elle est plafonnée à huit euros par jour pour un même professionnel, et à cinquante euros par an. Elle n’est jamais remboursée par la mutuelle.
Les franchises médicales
Un euro par boîte de médicament, un euro par acte d’auxiliaire médical — infirmier, kinésithérapeute — dans la limite de quatre euros par jour, et quatre euros par transport sanitaire, dans la limite de huit euros par jour. L’ensemble est également plafonné à cinquante euros par an.
Qui n’en paie pas ? Les moins de dix-huit ans, les femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse et jusqu’à douze jours après l’accouchement, et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire.
Une précision qui surprend souvent : ces sommes ne se paient pas au cabinet. Elles sont déduites d’un remboursement ultérieur. C’est pourquoi un virement de l’Assurance Maladie est parfois un peu inférieur à ce que vous attendiez.
Les affections de longue durée
Certaines maladies chroniques — diabète, insuffisance cardiaque, cancer, et d’autres — ouvrent droit au dispositif d’affection de longue durée. Votre médecin traitant établit un protocole de soins, validé par le médecin-conseil de l’Assurance Maladie.
Ce que cela change : les soins en rapport avec cette maladie sont pris en charge à cent pour cent. Deux limites à connaître, pour éviter les déceptions. Ce cent pour cent porte sur le tarif de base de la Sécurité sociale : les dépassements d’honoraires restent à votre charge ou à celle de votre mutuelle. Et les soins sans rapport avec l’affection sont remboursés comme d’habitude. La participation forfaitaire et les franchises, elles, restent dues.
Honoraires, tiers payant, carte Vitale
- Secteur 1 ou secteur 2. Un médecin de secteur 1 applique le tarif de la Sécurité sociale. Un médecin de secteur 2 peut pratiquer des dépassements : ils doivent être annoncés avant, et affichés dans la salle d’attente. Certains ont signé un engagement qui les modère ; votre mutuelle rembourse alors souvent mieux.
- Le tiers payant vous évite d’avancer l’argent, en totalité ou en partie. Il est automatique dans certains cas — pharmacie, laboratoire, maternité, affection de longue durée, Complémentaire santé solidaire —, facultatif dans d’autres.
- La carte Vitale transmet la feuille de soins toute seule : le remboursement arrive en quelques jours. Pensez à la mettre à jour une fois par an, dans une borne en pharmacie ou dans votre caisse.
- L’appli carte Vitale existe sur téléphone et rend les mêmes services. Elle n’est pas obligatoire, et tous les professionnels ne sont pas encore équipés pour la lire : gardez votre carte physique sur vous.
Ce qu’il faut retenir
- Déclarer un médecin traitant est gratuit, se change à tout moment, et conditionne le bon remboursement.
- Hors parcours, la même consultation à trente euros n’est remboursée que huit euros quarante, au lieu de dix-neuf euros — et l’écart n’est pas rattrapé par la mutuelle.
- Gynécologue, ophtalmologue, psychiatre de seize à vingt-cinq ans et stomatologue se consultent directement.
- Deux euros par consultation et un euro par boîte de médicament restent à votre charge, dans la limite de cinquante euros par an chacun.
- Le cent pour cent d’une affection de longue durée porte sur le tarif de la Sécurité sociale, et sur les seuls soins liés à cette maladie.
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Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Le rôle du médecin traitant et le parcours de soins coordonnés
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Consultations en métropole : vos remboursements
- Assurance Maladie (ameli.fr) — La participation forfaitaire de 2 €
- Assurance Maladie (ameli.fr) — La franchise médicale
- Assurance Maladie (ameli.fr) — L’appli carte Vitale