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Les somnifères : utiles parfois, jamais longtemps

Fiche 4 sur 4 : un somnifère peut dépanner quelques nuits. Pris des mois ou des années, il ne fait plus dormir, mais il fait tomber, oublier, et dépendre. Cette fiche explique pourquoi, et comment s’en libérer.

Ce que peut un somnifère, et ce qu’il ne peut pas

Les somnifères classiques (les benzodiazépines et leurs cousins, les « Z » comme le zolpidem et la zopiclone) aident à passer un cap : un deuil, un choc, quelques nuits blanches qui s’emballent. Dans ce rôle, prescrits à la plus petite dose et pour quelques jours, ils rendent service.

Ce qu’ils ne peuvent pas, c’est soigner une insomnie : ils ne traitent aucune cause, et le cerveau s’y habitue en quelques semaines. L’effet sur le sommeil s’estompe, ce qui donne envie d’augmenter la dose, alors que les risques, eux, restent les mêmes. La dépendance s’installe. Et à l’arrêt brutal, l’insomnie rebondit de plus belle, parfois avec de l’anxiété et de l’irritabilité, de quoi se convaincre à tort qu’on « ne peut pas dormir sans ». C’est pourquoi la règle est stricte : 4 semaines au maximum pour un trouble du sommeil, réévaluation comprise.

Anxiolytique ou antidépresseur : deux familles à ne pas confondre. Les anxiolytiques courants sont des benzodiazépines, la même famille que les somnifères classiques : ils calment vite les symptômes de l’angoisse, sans en traiter la cause, exposent aux mêmes risques, et peuvent facilement entraîner une dépendance. Ils ne se prennent donc que peu de temps, 12 semaines au maximum. Les antidépresseurs, eux, sont avec la psychothérapie le traitement de fond des troubles anxieux, malgré leur nom : ils mettent 2 à 4 semaines à agir, se prennent plusieurs mois, et s’arrêtent progressivement, avec le médecin.

La France reste pourtant le 2e consommateur européen de ces médicaments : plus de 9 millions de personnes en ont pris en 2024. Et plus d’un utilisateur sur trois pense ne courir aucun risque.

Les risques qu’on sous-estime

Chez les personnes âgées, tous ces risques se cumulent, jusqu’au risque d’hospitalisation : c’est précisément la population qui en consomme le plus, et celle à qui ils rendent le moins service, puisque le sommeil normal de cet âge est naturellement plus court et plus léger (voir la fiche 1). Les lignes directrices canadiennes vont plus loin : chez les personnes âgées, les somnifères devraient tout simplement être évités.

Vous en prenez depuis des mois ou des années ?

Deux messages, aussi importants l’un que l’autre.

Si vous renouvelez un somnifère depuis longtemps « par habitude », osez poser la question en consultation : « et si on essayait de diminuer ? ».

Pour vous accompagner, le Réseau canadien pour la déprescription met à disposition une brochure gratuite, « Somnifères et médicaments contre l’anxiété », avec des alternatives, un témoignage et un exemple de programme de réduction progressive. Elle se parcourt avec votre médecin ou votre pharmacien, pas à la place.

Mélatonine, plantes et compagnie

Ce qu’il faut retenir

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Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.

Sources