Pourquoi l’assiette compte autant
Fiche 1 sur 4 : ce que l’alimentation change vraiment pour la santé, et pourquoi il ne s’agit pas de régime.
Le facteur de santé le plus sous-estimé
Voici un chiffre qui surprend : en France, la nutrition (ce qu’on mange, ce qu’on boit, et le poids qui en découle) est le premier facteur de perte d’années de vie en bonne santé, devant le tabac et devant l’alcool. On y pense rarement, parce que l’assiette ne fait ni tousser ni tituber. Mais jour après jour, elle agit partout : sur les artères, sur le sucre du sang, sur le poids, sur les intestins.
Et comme pour la tension ou le diabète, c’est un facteur sur lequel on peut agir, à tout âge, et sans révolution.
Ce que l’assiette protège (ou abîme)
- La tension artérielle. Le sel la fait monter, les fruits et légumes aident à la faire baisser. C’est un des piliers du traitement de l’hypertension.
- Le sucre du sang. Les boissons sucrées et le grignotage poussent vers le diabète de type 2 ; les fibres (légumes, légumes secs, céréales complètes) protègent.
- Le cœur et les artères. Trop de graisses saturées et de charcuterie les encrassent ; le poisson gras, les huiles de colza, de noix et d’olive les protègent.
- Certains cancers. L’alimentation déséquilibrée et le surpoids comptent chacun pour environ 5 % des cancers, notamment celui du côlon.
- Le poids. En France, 28 % des adultes de 18 à 54 ans sont en surpoids, et 15 % sont obèses.
Les chiffres en France
- 1erfacteur de perte d’années de vie en bonne santé, devant le tabac
- 90 %des adultes dépassent la limite de sel recommandée
- 72 %mangent moins de 5 fruits et légumes par jour
- 63 %dépassent la limite de charcuterie
Les études françaises dressent un tableau très net. 90 % des adultes dépassent la limite de sel fixée par l’Organisation mondiale de la santé (5 grammes par jour). 72 % mangent moins de 5 fruits et légumes par jour, 63 % dépassent la limite de charcuterie, et la grande majorité manque de fibres, faute de légumes secs et de céréales complètes. Bref : presque tout le monde a une marge de progression, et personne n’est un cas désespéré.
Pas un régime : un équilibre sur la semaine
Retenez trois idées, elles changent tout le reste.
- Aucun repas ne condamne, aucun aliment ne sauve. Une raclette entre amis ou une part de gâteau ne défont pas une semaine équilibrée. C’est la répétition qui compte, dans un sens comme dans l’autre.
- L’équilibre se joue sur la semaine. Inutile de tout cocher chaque jour : on rattrape un midi trop rapide par un dîner plus végétal, un week-end festif par une semaine ordinaire.
- Le plaisir fait partie des recommandations. Manger doit rester un moment agréable, si possible partagé. Un « régime » punitif qu’on abandonne au bout d’un mois fait moins de bien qu’une habitude modeste qu’on garde des années.
Rassurez-vous : il n’y a ni aliments interdits, ni menus imposés, ni calculs de calories. Les recommandations officielles tiennent en une liste courte de repères, présentée dans la fiche suivante : quelques choses à augmenter, quelques habitudes vers lesquelles aller, quelques excès à réduire.
Ce qu’il faut retenir
- La nutrition est le premier facteur de perte d’années de vie en bonne santé en France, devant le tabac.
- L’assiette agit sur la tension, le sucre du sang, le cœur, le poids et certains cancers.
- Presque tout le monde a une marge de progression (sel, fruits et légumes, fibres, charcuterie).
- Ce n’est pas un régime : l’équilibre se joue sur la semaine, avec du plaisir, sans interdits.
Fiche suivante : les repères (augmenter, aller vers, réduire) →
Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.
Sources
- Manger Bouger (Santé publique France), Les recommandations sur l’alimentation, l’activité physique et la sédentarité
- Santé publique France, Recommandations relatives à l’alimentation, à l’activité physique et à la sédentarité pour les adultes (2019)
- Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2018, Cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement en France