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Comprendre la goutte

Fiche 1 sur 4 : un excès d’acide urique, des cristaux dans les articulations, et une maladie qui se traite très bien.

Un déchet naturel qui cristallise

L’acide urique est un déchet normal du corps : il vient du renouvellement de nos cellules et de la digestion de certains aliments (les purines). D’habitude, les reins l’éliminent dans les urines. Chez certaines personnes, cette élimination fonctionne moins bien, ou la production est trop importante : l’acide urique s’accumule dans le sang. On parle d’hyperuricémie.

Quand il y en a trop, pendant longtemps, l’acide urique forme de minuscules cristaux qui se déposent dans les articulations et autour d’elles. Un jour, ces cristaux déclenchent une réaction inflammatoire brutale : c’est la crise de goutte, une des douleurs articulaires les plus intenses qui existent. Elle est décrite dans la fiche suivante.

Qui est touché ?

La goutte concerne environ 1 % de la population française : c’est le contraire d’une maladie rare. Avant 65 ans, elle touche 4 fois plus d’hommes que de femmes, et elle devient 3 fois plus fréquente après 65 ans. Chez les femmes, elle progresse : sa fréquence a doublé en 20 ans, surtout après la ménopause.

Pourquoi moi ? Les facteurs qui comptent

Pas une maladie « de bons vivants »

La goutte traîne une vieille réputation de maladie des excès de table. C’est injuste et faux : le facteur principal est un défaut d’élimination rénale, largement héréditaire. L’assiette joue un rôle, mais elle n’explique pas tout, et beaucoup de personnes très raisonnables font de la goutte. Avoir de la goutte n’est pas une faute : c’est une maladie, et elle se traite.

Autre idée fausse : « la goutte, c’est juste des crises, entre deux tout va bien ». En réalité, tant que l’acide urique reste trop haut, les cristaux continuent de se déposer en silence. C’est pour cela qu’il existe un traitement de fond, avec un objectif chiffré.

Ce qu’il faut retenir

Fiche suivante : la crise de goutte, la reconnaître et agir vite →

Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.

Sources