Reconnaître l’otite séreuse
Fiche 2 sur 4 : pas de douleur, pas de fièvre, pas de pleurs. Juste un enfant qui entend moins, et personne ne s’en aperçoit. C’est tout le piège.
Une otite qui ne ressemble pas à une otite
Quand on dit « otite », on pense à l’enfant fiévreux qui pleure en se tenant l’oreille. L’otite séreuse, c’est l’inverse : la baisse d’audition est souvent le premier et le seul symptôme. Le liquide derrière le tympan étouffe les sons, un peu comme si l’enfant portait des bouchons d’oreilles en permanence, mais rien ne fait mal. Résultat : elle peut passer inaperçue pendant des mois.
Les signes qui doivent y faire penser chez l’enfant
- Il fait répéter, répond de travers, ou « n’écoute pas » quand on lui parle d’une autre pièce.
- Il monte le son de la télévision ou de la tablette, parle fort.
- Son langage tarde : premières phrases en retard, mots mal prononcés alors qu’il comprend bien.
- Son comportement change : enfant anormalement calme et dans sa bulle, ou au contraire agité, inattentif ; l’école ou la crèche s’en inquiète parfois avant la famille.
- Il se plaint d’une oreille « pleine » ou se la touche souvent, sans douleur.
- Il enchaîne les otites aiguës : le liquide stagnant s’infecte plus facilement.
Chez l’adulte, les signes sont plus faciles à décrire : oreille bouchée qui dure, sons étouffés, voix qui résonne dans sa propre tête, parfois des craquements en avalant.
Comment le diagnostic est confirmé
Le médecin regarde le tympan avec un otoscope : en cas d’otite séreuse, il voit du liquide derrière un tympan mat, souvent rétracté. Deux examens simples et indolores complètent le bilan quand c’est utile :
- l’audiométrie, qui mesure ce que l’oreille entend : dans l’otite séreuse, la perte est le plus souvent de 20 à 40 décibels (environ 70 % des cas), l’équivalent d’une oreille qui fonctionne « en sourdine » ;
- la tympanométrie, qui vérifie la souplesse du tympan et confirme la présence de liquide.
Quand consulter ?
- Au moindre doute sur l’audition d’un enfant, à tout âge : un test d’audition est simple, même chez un tout-petit.
- Si le langage tarde ou régresse, si l’école s’inquiète de l’attention.
- Rapidement, et avec un suivi ORL, en cas d’anomalie du palais, de trisomie 21, ou si le médecin suspecte un tympan qui se rétracte.
- Chez l’adulte, pour toute oreille bouchée d’un seul côté qui persiste sans explication (voir la fiche 1).
Un mot pour les parents qui culpabilisent : une otite séreuse découverte tard n’est la faute de personne. Elle est silencieuse par nature, et même les professionnels ne la voient qu’en regardant le tympan. L’important est ce qu’on fait ensuite : la suite se passe du côté du nez.
Ce qu’il faut retenir
- Otite séreuse : ni douleur ni fièvre, juste une audition en sourdine.
- Chez l’enfant : il fait répéter, monte le son, parle fort ou tard, semble distrait ; l’école s’en aperçoit parfois la première.
- Le diagnostic est simple : examen du tympan, audiométrie et tympanométrie, indolores.
- Au moindre doute sur l’audition ou le langage d’un enfant, on consulte : un test d’audition est possible à tout âge.
Fiche suivante : le traitement passe par le nez →
Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.