Retour aux fiches sur le sommeil

L’insomnie : la reconnaître, et chercher sa cause

Fiche 2 sur 4 : mal dormir une semaine après un souci, tout le monde connaît. Quand les mauvaises nuits s’installent, la question à poser n’est pas « comment dormir », mais « pourquoi je ne dors pas ».

De quoi parle-t-on ?

L’insomnie, c’est un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité (difficultés d’endormissement, réveils dans la nuit, réveil trop tôt le matin) qui retentit sur la journée : fatigue, somnolence, irritabilité, difficultés de concentration. Les deux conditions comptent : dormir 6 heures et être en pleine forme, ce n’est pas de l’insomnie, c’est un petit dormeur.

On distingue l’insomnie passagère, liée à un événement (contrariété, deuil, bruit, décalage), qui s’éteint avec sa cause, et l’insomnie chronique : des troubles plus de 3 nuits par semaine, depuis plus de 3 mois. Environ un adulte sur cinq se plaint d’insomnie en France. L’insomnie chronique, elle, mérite toujours une consultation : non pas d’abord pour un somnifère, mais pour chercher la cause.

Les causes qui se traitent

Deux signaux à ne pas laisser passer

Anxiété et sommeil : un cercle qui s’entretient

L’anxiété et l’insomnie se nourrissent l’une l’autre. Le soir, quand le silence se fait, les soucis reprennent la place : le cœur reste vif, les muscles se crispent, on guette le sommeil, et c’est précisément ce qui le fait fuir. Puis la peur de « encore mal dormir » devient elle-même une inquiétude de plus. Résultat : plus on est anxieux, moins on dort, et moins on dort, plus on est anxieux. Ce cercle entretient bien des insomnies chroniques.

Quand c’est plus qu’un coup de stress : le trouble anxieux généralisé

Être inquiet avant un examen ou pendant une période difficile est normal. On parle de trouble anxieux généralisé quand l’inquiétude ne lâche plus prise. Pour le reconnaître, les médecins s’appuient sur des critères précis, ceux du DSM (le manuel de référence des troubles psychiques) :

Ce n’est ni un manque de volonté, ni « un trait de caractère » : c’est un trouble reconnu, qui se soigne. Seul un professionnel peut poser le diagnostic : si vous vous reconnaissez dans ce portrait, parlez-en à votre médecin.

L’anxiété se soigne, et il y a plusieurs façons de le faire. La thérapie cognitive et comportementale (TCC) apprend à repérer les pensées d’inquiétude qui s’emballent, à les désamorcer, et à relâcher le corps (relaxation, respiration). Les antidépresseurs sont l’autre grand traitement du trouble anxieux généralisé : malgré leur nom, ils soignent aussi l’anxiété, agissent en quelques semaines et se prennent plusieurs mois. On les utilise seuls ou associés à la TCC, selon l’intensité des troubles et vos préférences, et le choix se fait avec votre médecin. Pour la TCC, le dispositif Mon soutien psy permet de consulter un psychologue partenaire, jusqu’à 12 séances par an prises en charge.

L’insomnie elle-même est une autre affaire : pour elle, le médicament n’est pas le traitement de première intention. Ce sont les mesures de la fiche 3 et la TCC de l’insomnie, de la même famille que celle de l’anxiété, qui passent en premier ; traiter l’une aide souvent l’autre. Quant aux anxiolytiques de type benzodiazépine, ils ne sont qu’un dépannage : 12 semaines au maximum pour l’anxiété, avec les mêmes risques de dépendance que les somnifères (voir la fiche 4).

Si l’angoisse devient écrasante

Si vous avez des idées noires, le sentiment de ne plus pouvoir tenir, ou si un proche vous inquiète : ne restez pas seul. Parlez-en le jour même à votre médecin, ou appelez le 31 14, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 heures sur 24. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112.

La consultation : venir avec son agenda du sommeil

Si vous dormez mal depuis plusieurs semaines, parlez-en à votre médecin, et plus tôt encore si vous mettez plus de 30 minutes à vous endormir presque chaque soir ou si la somnolence gâche vos journées. Pour préparer la consultation, rien ne vaut un agenda du sommeil : pendant une quinzaine de jours, notez chaque matin l’heure du coucher et du lever, le temps mis à vous endormir, le nombre de réveils, la qualité ressentie de la nuit, et en journée les siestes, le café, l’alcool, le sport. Ce simple relevé aide beaucoup le médecin, et il révèle souvent des surprises (des horaires très irréguliers, des nuits meilleures qu’on ne le croyait…).

Selon les cas, le médecin peut orienter vers un centre du sommeil, notamment quand il suspecte des apnées ou un syndrome des jambes sans repos : un enregistrement du sommeil (la polysomnographie) peut alors être réalisé, à domicile ou sur une nuit d’hospitalisation. Des capteurs enregistrent la respiration, le cœur, l’activité du cerveau et les mouvements : c’est indolore.

Ce qu’il faut retenir

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Cette fiche est une information générale. Elle ne remplace pas l’avis de votre médecin, qui seul connaît votre situation. Ne modifiez jamais un traitement sans lui en parler. Si nécessaire, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15.

Sources