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Altitude et mal des montagnes

Le mal aigu des montagnes vient d’un manque d’oxygène en altitude. Il est fréquent, souvent bénin, mais peut évoluer vers un œdème du poumon ou du cerveau, qui met la vie en danger. Il se prévient presque toujours, en prenant le temps de monter.

Qui est concerné ?

Plus on monte, moins l’air contient d’oxygène. Le corps s’adapte, mais lentement, et ce délai ne peut pas être raccourci.

Avant de partir

Monter sans tomber malade : les règles d’or

  1. Ne montez pas trop vite, trop haut. Au-dessus de 3 000 à 3 500 mètres, l’altitude où vous dormez ne doit pas augmenter de plus de 300 à 500 mètres d’une nuit à la suivante (400 mètres en moyenne). Exemple : première nuit à 3 500 mètres, deuxième à 4 000, troisième à 4 300.
  2. Montez haut, mais dormez bas. Passer un col dans la journée puis redescendre dormir plus bas aide à s’adapter, à condition de ne pas forcer. Prévoyez une journée de repos tous les 3 ou 4 jours.
  3. Évitez les efforts intenses en début de séjour, et à chaque nouvelle altitude. En altitude, l’effort fait baisser l’oxygène dans le sang : au sommet du mont Blanc, arriver en courant revient à se retrouver 2 000 mètres plus haut.
  4. Ne restez pas trop haut trop longtemps. Au-delà de 5 000 à 5 500 mètres, le corps s’épuise, et un long séjour augmente le risque de complications graves, même chez une personne bien adaptée.

Autres règles tout aussi importantes :

Les meilleurs signes d’une bonne adaptation : pas de mal de tête, un bon appétit, un bon sommeil.

Les « 4 hypos » à éviter en altitude : hypoxie (manque d’oxygène), hypoglycémie (manque de sucre), hypothermie (manque de chaleur), hypohydratation (manque d’eau).

Le médicament préventif

Un médicament, l’acétazolamide, réduit de moitié le risque de mal des montagnes. Il aide le corps à s’adapter plus vite, surtout pendant le sommeil. Il est délivré sur ordonnance.

Reconnaître le mal des montagnes

Règle de base : en altitude, tout malaise doit d’abord être considéré comme un mal des montagnes. Un mal de tête n’est pas forcément le soleil, des nausées ne sont pas forcément la nourriture, une insomnie n’est pas forcément l’inconfort du refuge.

On a tendance à cacher ses symptômes, par peur de passer pour faible ou de ralentir le groupe. Dans un groupe, désignez une ou deux personnes chargées de demander régulièrement à chacun comment il va.

Le score ci-dessous permet d’évaluer la gravité, même sans être médecin. Additionnez les points de tous les signes présents.

Score de gravité du mal des montagnes
SignesPoints par signe
Mal de tête, insomnie, nausées ou perte d’appétit, sensation de vertige ou de « tête dans du coton », gonflement des yeux, du visage (le matin), des mains ou des chevilles1 point
Mal de tête qui ne passe pas avec un antidouleur, vomissements2 points
Essoufflement au repos, fatigue anormale ou très intense, urines beaucoup moins abondantes3 points

Que faire ?

Conduite à tenir selon le score
ScoreQue faire
1 à 3 : mal des montagnes légerUn antidouleur simple (paracétamol ou aspirine), en respectant la notice. Si les signes s’estompent, vous pouvez continuer à monter, plus lentement. S’ils persistent, arrêtez-vous jusqu’à ce qu’ils diminuent.
4 à 6 : modéréArrêtez de monter. Reposez-vous à la même altitude, avec un antidouleur, jusqu’à ce que les signes disparaissent.
Plus de 6 : sévèreRedescendez immédiatement, ou utilisez un caisson de recompression. 500 mètres de moins peuvent suffire. Ne remontez qu’après la disparition complète des signes : les rechutes sont fréquentes, et le moindre nouveau signe impose d’arrêter définitivement l’ascension.

Si les signes s’aggravent, redescendez jusqu’à ce qu’ils disparaissent. Ils s’améliorent dès que l’on redescend. Si le séjour en altitude est court ou la descente proche, un mal des montagnes léger ne fait que gâcher une nuit ou une journée. Si l’ascension continue, il faut absolument finir de s’adapter avant de monter plus haut.

Idée fausse : en cas de gonflement (œdème), il ne faut surtout pas arrêter de boire, ni prendre un diurétique.

Les deux complications graves

Sans descente rapide, elles sont mortelles une fois sur deux. Ce sont les premières causes de décès en trekking et en expédition.

L’œdème pulmonaire de haute altitude

Il survient surtout dans les 3 jours qui suivent une arrivée rapide vers 4 000 à 5 000 mètres, souvent la nuit, après une journée d’effort intense, et souvent chez des personnes jeunes et en bonne santé.

Il est favorisé par une montée trop rapide, l’effort intense, le froid, le manque d’eau (attention à la diarrhée) et une infection des bronches. Le risque est plus grand chez ceux qui en ont déjà fait un.

L’œdème cérébral de haute altitude

C’est souvent un mal des montagnes qui s’aggrave, en général entre 4 000 et 5 000 mètres :

Attention : le mal de tête peut manquer. Une grande lassitude, des troubles de l’équilibre ou un changement de comportement doivent suffire à alerter.

Dans les deux cas : descendre, tout de suite

Le caisson de recompression portable

C’est un sac étanche dans lequel on allonge le malade, et que l’on gonfle avec une pompe. Il fait « redescendre » de 2 000 à 3 000 mètres. Il est recommandé pour tout séjour de plusieurs jours au-dessus de 4 500 mètres, surtout si redescendre un malade peut être difficile.

Pour les professionnels de santé

Sources

Ces informations reprennent les recommandations officielles du Haut Conseil de la santé publique pour un voyageur en bonne santé. Elles ne remplacent pas une consultation : parlez de votre voyage à votre médecin, à votre pharmacien ou à un centre de vaccinations internationales, assez tôt avant le départ : certains vaccins doivent être faits au moins 10 jours avant, d’autres demandent plusieurs doses. Les formalités d’entrée (visa, certificats) sont à vérifier sur le site « Conseils aux voyageurs » du ministère des Affaires étrangères.