Eau, aliments et diarrhée du voyageur
La diarrhée est fréquente en voyage. Le plus souvent, elle est bénigne et dure 1 à 3 jours. La prévention repose sur l’hygiène des mains, de l’eau et des aliments. Si elle survient, le plus important est de boire.
Se protéger
Les mains
- Lavez-vous les mains avant les repas, avant de toucher des aliments, et après être allé aux toilettes.
- Séchez-les avec un linge propre, ou à l’air.
- Sans eau ni savon, utilisez un gel ou une solution hydroalcoolique.
L’eau
- Buvez de préférence de l’eau en bouteille capsulée, ouverte devant vous.
- Sinon, faites bouillir l’eau à gros bouillons pendant 1 minute.
- Ou désinfectez-la avec un produit prévu pour cela. Si l’eau est trouble, filtrez-la d’abord.
- L’eau du robinet peut être bue dans les pays où elle est traitée et sans risque de contamination.
- Évitez les glaçons.
Les aliments
- Préférez les plats servis chauds, restés au chaud depuis leur cuisson.
- Évitez la nourriture vendue dans la rue quand vous doutez qu’elle soit restée au chaud ou au froid.
- Évitez les crudités, les coquillages surtout crus, les plats réchauffés, les glaces et les jus de fruits frais préparés de façon artisanale.
- Lavez ou pelez les fruits vous-même, après vous être lavé les mains.
- Mangez bien cuits les œufs, la viande, le poisson et les crustacés.
- Préférez le lait et les produits laitiers pasteurisés ou bouillis. Le lait cru peut transmettre d’autres maladies.
- Pour un nourrisson, l’allaitement maternel est à privilégier.
Les médicaments pris « en prévention » de la diarrhée ne sont pas recommandés.
Poissons et autres aliments à risque
- Dans les îles tropicales, certains gros poissons de récif, comme le barracuda, le mérou ou la carangue, peuvent contenir une toxine : c’est la ciguatera. La cuisson et la congélation ne la détruisent pas. On ne la voit pas, et elle n’a ni odeur ni goût. Évitez ces poissons prédateurs. Demandez conseil aux pêcheurs et restaurateurs. Ne mangez pas la tête, le foie ni les viscères.
- Le poisson globe, ou fugu, peut provoquer une intoxication grave.
- Les escargots, les crevettes d’eau douce ou les crabes crus ou peu cuits peuvent transmettre un parasite. Ne laissez pas un jeune enfant toucher l’escargot géant d’Afrique.
- Méfiez-vous des remèdes traditionnels, des épices, de la vaisselle et des cosmétiques comme le khôl. Certains contiennent du plomb, du mercure ou de l’arsenic.
En cas de diarrhée
Boire, avant tout
- Buvez dès les premières selles liquides, sans attendre d’avoir soif, et sans limiter la quantité.
- Alternez des boissons salées et sucrées, comme un bouillon ou un soda. L’eau seule ne suffit pas.
- Pour un jeune enfant ou une personne âgée, utilisez des sels de réhydratation orale, en sachets à diluer.
- En cas de vomissements, donnez à boire souvent, par petites quantités, à la cuillère.
- Continuez l’allaitement d’un bébé.
- Recommencez vite à manger normalement.
Consultez un médecin
- toujours, s’il y a de la fièvre : un paludisme peut ressembler à une gastro-entérite, surtout chez l’enfant ;
- s’il y a du sang dans les selles ;
- si la diarrhée est intense, ou empêche vos activités ;
- si vous ne pouvez pas boire assez, par exemple à cause de vomissements ;
- si la diarrhée dure plus de deux semaines, surtout chez un enfant de moins de 2 ans.
Chez l’enfant, les signes de déshydratation
Consultez vite si votre enfant a :
- soif ;
- un comportement mou, abattu, moins actif ;
- un teint pâle ou grisâtre ;
- les mains et les pieds froids, ou des marbrures sur la peau ;
- les yeux très cernés ou creusés ;
- la bouche sèche.
Si l’enfant ne peut pas boire assez, une réhydratation par perfusion peut être nécessaire, souvent pour quelques heures seulement. N’hésitez pas à aller dans un dispensaire, s’il utilise du matériel à usage unique.
Les médicaments
- Un médicament antisécrétoire, le racécadotril, peut atténuer une diarrhée légère ou modérée. Il est à éviter pendant la grossesse, et ne doit pas être pris pendant l’allaitement.
- Le lopéramide, qui ralentit l’intestin, est déconseillé en général. Il est réservé aux diarrhées très liquides et abondantes, ou quand on ne peut pas faire autrement, par exemple pour un voyage en avion, et à partir de 15 ans.
- Ne prenez jamais de lopéramide en cas de diarrhée grave, de fièvre ou de sang dans les selles.
- Les pansements intestinaux n’ont pas prouvé leur efficacité.
Les antibiotiques, seulement dans certains cas
Les antibiotiques ne sont pas recommandés dans la plupart des diarrhées du voyageur. Ils favorisent le portage de bactéries résistantes.
Le HCSP ne les prévoit que si l’on ne peut pas consulter rapidement, et seulement dans deux situations :
- une diarrhée sévère, qui empêche les activités, ou avec du sang dans les selles ;
- une personne fragile : personne âgée, immunodépression sévère, drépanocytose.
Le choix de l’antibiotique, la dose et la durée relèvent de votre médecin. Pour un voyage dans une zone où il est difficile de se soigner, il peut vous en prescrire un avant le départ et vous expliquer quand le prendre.
À retenir
- Mains lavées, eau en bouteille capsulée, plats bien cuits et chauds.
- En cas de diarrhée : boire tout de suite, salé et sucré.
- Fièvre, sang dans les selles, déshydratation : consulter.
Source
- HCSP, Recommandations sanitaires aux voyageurs 2026, chapitre 4, p. 116-123 ; chapitre 11, p. 160.